Eric Battaglia, un homme au cœur de la « Yellow Army »

image description

Des ampoules au mains et la voix cassée sont les signes d’un match réussi pour celui qui donne le rythme des tambours au Michelin et dans les nombreux stades dans lesquels il se déplace tout au long de la saison. Pour ce dernier opus d’une saison « déjà très belle », Eric Battaglia, le président des UltraVulcans, ne compte pas se ménager et n’attend qu’une seule chose, terminer 2016-17 place de Jaude au milieu d’une foule que lui est ses acolytes savent mieux que personne sublimer pour en faire « le meilleur public de France ».

 

Dans la vie, cet homme calme, à la voix posée d’une cinquantaine d’années, est cuisinier de profession. Le week-end, il troque sa toque et son tablier contre un maillot « jaune et bleu »  qu’il arbore fièrement depuis bien longtemps. Abonné depuis 28 ans, Eric Battaglia est tombé dans la marmite de la convivialité, du partage, des copains. « Je suis arrivé un peu par hasard sur Clermont, pour le travail, en provenance de l’Allier. Ma famille aimait le rugby, certains y jouaient ; je suis venu pour découvrir l’ambiance de ce stade, je ne suis plus jamais reparti ». A l’époque déjà « L’ambiance au Michelin était particulière et le public montferrandais se déplaçait déjà beaucoup. » Ce goût des voyages, ces pèlerinages, les rencontres, les bons moments partagés tout cela s’est progressivement incrusté dans son quotidien au point de devenir, il y a 6 ans déjà, le président des UltrasVulcans, un groupe de supporters chargé de donner le tempo de l’ambiance au sein de la « Yellow Army ». Un investissement personnel pour lequel «  il ne préfère pas compter les heures » pour organiser les déplacements « et les vivre, comme toujours, avec les copains ». Cette année, il fut de tous les déplacements ou presque « Tous les matches de phases finales Top 14 et Champions Cup, mais aussi Bayonne, Lyon, Grenoble, Castres… » Bien évidemment, il sera du voyage au stade de France, ce soir comme les 2/3 de son groupe de supporters (120 sur 187 exactement). Les imprimantes ont tourné à plein régime pour délivrer les précieux sésames qui serviront de laissez-passer aux tambours de la Yellow Army qui seront, au plus près, de la pelouse pour donner le rythme. Là, dans son environnement, le calme cinquantenaire n’est plus le même : c’est lui qui avec sa garde rapprochée lance les chants et rythme la foule montferrandaise. Au soutien «  dans le bons comme dans les moins bons moments » se plait-il à préciser, il est là, toujours là pour « essayer d’apporter quelque chose à ceux qui sont sur le terrain en poussant un peu avec eux ».

170604-supporters-1.jpg
170604-supporters-1.jpg, by vduvivier

Grâce à sa générosité, son enthousiasme et celui de tous les autres supporters auvergnats, la Yellow Army a su se différencier et il n’est pas peu fier lorsqu’il rencontre les autres supporters de l’hexagone de cette identité qu’il défend avec autant d’ardeur. « Depuis quelques années, je crois que le public auvergnat en a impressionné plus d’un, et un bon nombre de clubs sont envieux de cet engouement. La Yellow Army véhicule de la joie, de la passion en restant toujours dans la convivialité, sans jamais basculer dans les débordements. C’est toujours bon-enfant et cela procure un plaisir immense de faire partie de ce grand élan de joie, chaque semaine. » Avant les matches, pour lui aussi la pression monte. « Je suis un peu stressé, je pense à plein de choses avant les rencontres mais surtout à gagner » confie-t-il timidement. Dès son arrivée au stade, le trac s’évapore et la magie opère. Pour juger de la performance de l’équipe, il suffit de tendre l’oreille en fin de match. « Plus l’équipe nous procure du plaisir, plus nous sommes bruyants alors plus ma voix me lâche », rigole le président des Ultras. « Je peux aussi avoir mal aux bras à force de martyriser les tambours » rajoute-t-il. A ses côtés, Corinne, sa compagne, rencontrée « autour du stade lors d’un match » comme quoi l’amour ne frappe jamais au hasard. Elle participe à la fête et donne aussi de la voix au Michelin et partout où les UltrasVulcans voyagent. Tous les deux ont rejoint la capitale depuis vendredi pour « profiter de cette finale ». Le souvenir du 29 mai 2010 n’est jamais très loin et quand on lui demande quand il espère son prochain grand moment avec Clermont la réponse est immédiate «  aujourd’hui ». Le cuisinier prévoyant et ambitieux a d’ailleurs pris les devants en posant une journée de congés au cas où le Brennus choisirait de retourner en Auvergne.

 

En attendant, tendez l’oreille vous l’entendrez, aussi, impulser le rythme et se donner avec un cœur « jaune et bleu » gros comme ça, de la première à la 80ème minute … et si on l’entend encore lundi, ce sera un excellent signe.