« Garder un maximum de maîtrise et se livrer au bon moment ! »

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Comme ses joueurs, Franck Azéma s’est présenté avec sérénité devant la Presse. Très respectueux de ses adversaires dont il détaille les qualités, le coach clermontois articule sa semaine de préparation autour de la concentration et la précision avec l’ambition de gripper une machine anglaise bien huilée…

Alors que l’excitation est palpable dans la ville où les drapeaux sortent aux fenêtres et où les couleurs « jaune et bleu » s’installent progressivement autour d’une place de Jaude (qui sera noire de monde samedi au moment du coup d’envoi de la troisième finale de l’histoire du club), le calme règne encore dans les coursives du Michelin comme le confirme le stratège clermontois. « Il nous a fallu 11 mois de préparation pour être en mesure de disputer un titre. Maintenant, nous y sommes, cela ne se jouera pas sur cette semaine mais sur ce que nous avons construit physiquement, dans notre jeu mais aussi mentalement, depuis tous ces mois. Cette semaine sera peu intense, mais j’espère très précise et avec une énorme concentration. »  L’odeur des phases finales : Clermont connait puisque cela fait 11 saisons que les « jaune et bleu » disputent au plan national, européen ou les deux, ces matches éliminatoires. Pas question de se disperser ou de laisser de l’énergie en route. Franck Azéma veille aux grains. « Dans ces moments là, nous devons garder un maximum de maîtrise afin de se livrer au bon moment, ni avant, ni après, mais pendant 80 minutes sans rien lâcher ! »

« Les Saracens sont un rouleau compresseur constant de la première à la dernière minute… »

Face à une adversaire dont il ne tarit pas d’éloges, l’entraîneur clermontois endosse le costume d’outsiders « C’est logique, ils sont tenants du titre, ils ont une organisation sans faille et ont capitalisé de la confiance depuis leur titre l’an dernier. J’ai l’impression qu’ils se sont encore étoffés dans tous les domaines : le staff mais aussi dans leur effectif. Ils sont fidèles au jeu qu’ils produisent depuis longtemps et ils auraient tort de changer puisque cela fonctionne ! Ils semblent en route pour aller chercher un deuxième titre. » Sauf que Franck Azéma et ses hommes ne se déplaceront pas en victimes expiatoires à Murrayfield. « Les Saracens sont un rouleau compresseur constant de la première à la dernière minute. Ils ont système de jeu très pragmatique, très bien huilé auquel tout le monde adhère et qui construit petit à petit le panneau de marque. » Les clefs pour empêcher cette belle mécanique de ronronner sont évoquées par Jono Gibbes : « Nous devrons être très vigilants et concentrés pour limiter l’impact de leurs gros porteurs de balle. Nous devrons être efficaces tout en faisant attention à ne pas être trop focalisés sur ces porteurs au risque d’ouvrir des espace autour d’eux. Notre défense devra exercer une pression constante pour les empêcher d’enclencher une dynamique dans laquelle ils sont difficilement maîtrisables. » Un très sérieux bras de fer en perspective qui sera un passage obligé pour espérer faire capoter les rêve de doublé des Sarries.

Un drôle de défi pour Franck Azéma et ses hommes qui incarneront la partie tricolore du vieil antagonisme qui existe depuis la nuit des temps d’un côté et de l’autre de la Manche sur les terrains de rugby. « Je me sens très fier d’être dans ce club. A l’extérieur, j’ai l’impression que les gens, même en dehors de l’Auvergne, le rugby français serait heureux et fier que nous parvenions à valider le travail, les structures et l’organisation qui est mise en place ici à Clermont. » Après une demi-finale superbe où les « jaune et bleu » ont véhiculé avec fierté et passion l’image de leur région, Murrayfield pourrait être un écrin historique pour le club. Et cela même si la « Yellow Army » sera en ordre bien plus dispersée qu’elle ne le fut il y a trois semaines à Lyon.  « Avec l’engouement que génère notre équipe, je comprends la frustration des gens qui ne pourrons pas nous suivre en Ecosse», regrette Franck Azéma. Décrocher le premier titre européen du club clermontois sera un moyen tout trouvé de faire oublier cette frustration et d’anéantir les derniers fantômes dans un pays qui sait les entretenir…