Formation

La belle insouciance de la jeunesse clermontoise…

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Ne comptez pas sur eux pour « se prendre la tête » avec le contexte, l’environnement où même l’histoire du club. Des finales ? Eux n’en ont perdu qu’une et n’ont qu’une seule idée en tête prendre du plaisir et équilibrer leur compte en ramenant le Brennus en Auvergne. Eux : ce sont les jeunes de la génération montante auvergnate, biberonnés au centre de formation des « jaune et bleu » et lancés aux compte-gouttes en équipe première. Comme d’autres avant eux, ils sont là pour apporter la fraicheur et l’enthousiasme qui nourrissent le collectif et bousculent la hiérarchie…

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Décontractés, chambreurs, Damian Penaud et Arthur Iturria traversent le terrain d’honneur pour rejoindre le dernier Point Presse de la saison, avec le sourire, en « se branchant » à savoir lequel des deux se présenterait en premier face aux médias venus nombreux. Finalement, c’est Arthur qui s’y colle et raconte avant son (encore plus) jeune coéquipier « le parcours au centre de formation ». « L’ASM a de l’avance sur beaucoup d’autres clubs au niveau des jeunes. Le suivi dans la catégorie Espoirs se rapproche de ce qui se fait avec l’équipe une au niveau du professionnalisme ou de la rigueur exigée. Cela a évidemment pesé pour moi, comme pour d’autres, au moment de me décider à rejoindre l’ASM. Même si nous n’avons aucune garantie et que nous devons aller gagner le droit de porter le maillot de l’équipe professionnelle, beaucoup de joueurs passés par le centre ont aujourd’hui lancé leur carrière. » Des valeurs d’exemples qui ne datent pas de cette année puisque dans l’effectif actuel, ils sont 13 (d’Aurélien Rougerie à Etienne Falgoux du plus ancien ou plus jeune professionnel) à être passés par les équipes de jeunes et à avoir foulé les pelouses de la Gauthière et des Gravanches avant d’avoir la reconnaissance de celle du Michelin.  

14 espoirs utilisés cette saison, pour 15% du temps de jeu de l’ASM

Le « coup de poker » de Franck Azéma comme il a été appelé lors de la demi-finale est en fait préparé depuis bien longtemps. La « passerelle » dressée entre les deux secteurs (pro et formation) sur laquelle Xavier Sadourny joue « les facilitateurs » est devenue une référence en termes d’intégration. Une bonne dizaine d’espoirs sont ainsi intégrés « à l’année » avec les Pros pendant qu’en fonction des besoins d’autres font les aller-retours « pour apprendre et aussi voir la marche qu’il leur reste à franchir ». Intégrés progressivement afin que la confiance mutuelle se mette en place, les Espoirs grignotent petit à petit le temps de jeu comme l’oiseau fait son nid. Arthur reconnait d’ailleurs que c’était « sa simple ambition » cette saison avant que son explosion au plus haut niveau ne le propulse vers d’autres objectifs et d’autres cieux. Tous les espoirs réunis totalisent 15% du temps de jeu cumulé (toutes compétitions) des « jaune et bleu » le tout «  sans se prendre la tête et en jouant comme nous savons faire avec la seule ambition de prendre du plaisir sur le terrain et apporter notre enthousiasme au collectif », ajoute Damian Penaud qui avec Arthur et Patricio Fernandez dépasseront les 20 matches disputés sur les 37 joués par l’ASM cette saison. Une forme d’insouciance que l’approche de la finale ne semble pas vraiment perturber. «  Franchement, qu’est-ce que nous avons à perdre ? Nous avons au contraire tout à gagner », confie le centre néo-international qui s’envolera avec son coéquipier Arthur avec les Bleus dès le début de la semaine prochaine. « Les joueurs d’expérience du groupe nous ont épaulés tout au long de la saison. Nous avons beaucoup appris à leurs côtés » L’appréhension de les côtoyer et de porter le même maillot est dépassée depuis bien longtemps et il ne reste plus que le plaisir…

« Pour eux, les finales perdues c’est comme si leurs arrières grand-parents leur expliquaient « la Commune ». C’est de l’Histoire, ils écoutent, ça peut les intéresser mais cela n’a rien à voir avec ce qu’ils vivent ! » Eric de Cromières.

L’insouciance écrase également le poids que peut représenter le passé du club en finale du championnat comme l’explique à merveille le président, Eric de Cromières. « Quand on leur parle des finales perdues de 1936 et 1937, ou même les autres, c’est exactement comme si leurs arrières grands-parents leur expliquaient «  la Commune » ( NDLR : période insurrectionnelle de l’histoire de Paris de la fin du XIXème siècle). C’est de l’Histoire, ils écoutent, ça peut les intéresser mais cela n’a rien à voir avec ce qu’ils sont en train de vivre ».  D’ailleurs Arthur bondit dès qu’on lui parle des finales perdues « Moi je n’en ai perdu qu’une ! ». Quant au Stade de France qui sera l’écrin de la finale du Top 14, il ne semble faire ni chaud ni froid à Damien Penaud. « Le stade de France ? C’est un stade comme un autre ! Un peu plus grand… franchement ça me fait rien du tout…ça ne change pas grand-chose pour moi ! »

L’insouciance, c’est aussi cela : éviter de rajouter de la pression à un évènement particulier et vivre le moment présent.  Les jeunes joueurs de l’ASM Clermont Auvergne et tous les autres dans leur sillage comptent bien que ce moment soit le leur… dimanche soir !