"Raka Rocket"

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De Suva en Auvergne, le parcours de la fusée fidjienne !

C’est à l’âge de sept ans, près de la capitale Suva, sur l’archipel des Fidji qu’Alivereti Raka a débuté le rugby. 17 ans plus tard, en Auvergne, il régale le public auvergnat de ses courses folles et de ses appuis de feu. Après un début de saison 2016-17 retardé en raison d’une opération à l’épaule et une fin de saison en apothéose pour l’essai du titre, la « Raka Rocket » sort d’un triplé face à Brive. Après 4 essais en 3 rencontres, la fusée est amorcée. Nous avons retracé son parcours depuis les Fidji…

C’est sur la côte sud-est de l’île de Viti Levu au cœur de l’archipel des Fidji qu’Alivereti a vu le jour il y a 22 ans, en décembre au beau milieu de l’été austral. Elevé dans une famille d’agriculteur, éleveur de Kava (cette plante du pacifique au gout poivré utilisée dans les îles en infusion est très populaire et consommée au Fidji), il débute le Rugby à l’âge de 7 ans. Durant de nombreuses années, il pratique en parallèle le Rugby et l’Athlétisme dans les environs de son village. Ainsi, jusqu’au Lycée, il mènera de front ses deux activités avant de choisir la balle ovale. On pourrait s’en douter il excellait déjà dans les disciplines du sprint pur. « Je courais sur les distances du 100 et du 200 mètres. Mes meilleurs chronos tournaient autour de 10 secondes au 100 mètres »  révèle le Fidjien comme si cela était naturel de frôler cette légendaire barre des 10 secondes que seuls 3 français ont franchi dans l’histoire de l’athlétisme national (Jimmy Vicaut, record de France à 9’86’’).  Sauf que sur l’île, Raka « n’était pas le meilleur » de sa propre confession et que « d’autres courraient encore plus vite ». Il dut alors choisir entre le Rugby et l’Athlétisme au moment du lycée, au moment de quitter sa famille pour un sport où ses qualités naturelles allaient lui permettre de rivaliser, justement, avec les meilleurs. Approché par l’Academy de Nadroga qu’il avait affronté avec son équipe, Raka choisit de poursuivre la voie du Rugby en laissant de côté l’Athlétisme. Adolescent, il débarque ainsi à Nadroga, de l’autre côté de l’île. « Mon esprit était clair, je savais qu’en faisant le choix du rugby, j’allais vers le sport qui allait me procurer le plus de plaisir. » Une intuition qui n’allait pas tarder à se concrétiser puisqu’il ne faut pas longtemps pour que le prodige intègre l’équipe de Nadroga et commence à affoler les défenses adverses par sa pointe de vitesse et ses appuis de feu. Après une participation à un tournoi à VII avec l’équipe nationale, la carrière d’Alivereti prend un tournant déterminant. La passerelle trans-pacifique avec Clermont lui est proposée. Poussé par une volonté farouche à faire carrière dans le sport qu’il a choisi et dans l’une des meilleures équipes d’Europe, il ne va pas hésiter une seule seconde, même s’il reconnait après coup « qu’il ne fut pas si facile de laisser au pays sa famille et ses frères qui ont depuis repris la plantation familiale et ont diversifié la culture. » « Je n’avais jamais vécu ailleurs qu’au Fidji et quand je suis arrivé en France, j’étais surpris de tout ce qui pouvait m’entourer. L’environnement est tellement différent. »

Le X Factor de l’attaque auvergnate !

Son intégration, « Raka » la doit en grande partie à l’habitude et aux liens forts qui existent entre Clermont et Nadroga. «  Je suis vraiment reconnaissant de l’accueil que j’ai reçu lors de mon arrivée et lors des premiers moments passés en France. Les gens du centre de formation ont fait beaucoup d’efforts pour que je me sente bien. J’ai rapidement pris des cours de français pour comprendre ce que l’on me disait » Si le français est encore hésitant, la compréhension est claire et la barrière de la communication franchit, la pépite des lignes arrières du centre de formation n’a pas tardé à tout faire exploser sur son passage. La catégorie Espoirs fut la première a en faire les frais en 2015 avec une guirlande d’essais et une ribambelle des défenseurs dépités de voir la fusée passée sans même pouvoir la toucher et encore moins la suivre. Très vite intégré à l’effectif professionnel, il fait ses débuts en 2015 sur la pelouse d’Oyonnax. Invité surprise de la journée en raison d’un forfait de dernière minute et arrivé le matin même en voiture, il entre un quart d’heure avant la fin et signe ses débuts dans le championnat par un premier essai de finisseur. 3 semaines plus tard, alors que Clermont est empêtré dans une rencontre compliquée à Montpellier, il prend les affaires en mains et déchire, en solo, la défense héraultaise pour arracher un bonus défensif presque inespéré. Toutes ses autres sorties seront scrutées avec attention et au printemps, il inscrit 6 essais en 5 matches consécutifs avant d’exploser son épaule en aplatissant un ultime essai face à Agen. Véritable « X Factor » Raka a su s’intégrer au collectif clermontois dans lequel ses qualités individuelles peuvent faire des miracles. L’ailier fidjien en a pris conscience lors de sa longue absence consécutive à son opération de l’épaule. « Je me suis rendu compte que c’est sur le terrain et au sein de l’équipe que je prenais le plus de plaisir dans la vie. C’est là que je veux être et c’est pour cela que je travaille toute l’année. Quand je suis au milieu de cette équipe je n’ai qu’une seule envie, avoir le ballon entre les mains et faire ce que je sais faire. » Ce qu’il sait faire ? Tout le monde voit de quoi parle cet incroyable finisseur, c’est se servir de ses accélérations de dragster, de sa pointe de vitesse de fou et de cette puissance qui rejaillit de chacun de ses appuis ou de ses percussions pour aller derrière cette ligne qui semble l’attirer comme un aimant. Auteur de l’essai du titre et d’un triplé dans le dernier derby du massif-central (son premier avec les professionnels) dont ce deuxième essai venu de nulle part, Dieu seul sait ce que la fusée « Raka » peut nous réserver dans les prochains mois ou dans les prochaines saisons.  Une chose est sûre, il fait partie des joueurs qu’il vaut mieux avoir dans son camp que devoir affronter. Les dirigeants se sont prémunis de cela en prolongeant leur pépite fidjienne jusqu’en 2020 ! D’ici là, les défenses adverses peuvent trembler…