Préparation

« Un adversaire qui n’est plus à présenter… »

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Clermontois et Toulousains se connaissent par cœur et même si les confrontations européennes sont exceptionnelles (ce sera la deuxième depuis le début de la création de la compétition en 1995), les deux formations ont l’habitude (la bonne habitude) de disputer des quarts de finale de Champions Cup. Ce sera donc un match de phases finales avec l’incertitude que cela implique entre deux équipes au caractère bien affirmé. D’un côté, les « Rouge et Noir » qui ont dominé le Munster sur leur pelouse de Thomond Park et de l’autre, les « jaune et bleu » vainqueurs à l’arraché face aux Wasps.

 

Les phases finales imposent un vainqueur et par la même occasion relancent le petit jeu des favoris. Pour Franck Azéma, celui-ci est tout désigné. « Les Toulousains sont archi-favoris. C’est l’équipe en forme du moment, qui domine le Top 14 et vient de s’imposer sur la pelouse du Munster. » Et si cela ne suffisait pas le coach clermontois en a encore sous le coude pour décrire la position dans laquelle les Haut-Garonnais se présenteront en Auvergne. « C’est un club qui a marqué l’histoire du Rugby en France et en Europe, qui a le plus de titres dans ces deux compétitions, qui a des stars à tous les postes et probablement la meilleure charnière actuelle du monde. » Un portrait élogieux et lucide d’un adversaire que les Clermontois respectent et se préparent à affronter avec leurs armes. Sébastien Bézy, qui connait bien la maison, reconnait le « gros coup » réalisé au Munster prouvant la forme actuelle de son ancien club qu’il refuse d’assimiler à une addition d’individualités. « Toulouse est avant tout une force collective et il n’est jamais bon de se focaliser sur ses individualités. Il faut prendre le problème collectivement. On connait notre potentiel, nos imperfections aussi, et nous sommes tous déterminés à l’idée de faire un gros match dimanche lors de ce ¼ de finale de Coupe d’Europe où il faudra tous que nous donnions le meilleur de nous-même. » « L’évènement de ce ¼ de finale face Toulouse, suffit à notre motivation », poursuit le seconde ligne Sébastien Vahaamahina. « Notre groupe à l’expérience des dernières campagnes européennes. Depuis le début de la semaine, nous ressentons un stress, une tension particulière. Ce sont de bons signaux. Nous avons conscience que nous avons été trop approximatifs tout au long de la rencontre face aux Wasps mais… nous avons été capables d’avoir ce déclic et l’envie d’aller gagner ce match » La suite on la connait : une action à 17 temps de jeu, où la quasi-totalité des Clermontois a touché le ballon jusqu’à voir l’arrière Matsushima franchir la ligne adverse près de 4 minutes après la sirène délivrant ainsi son équipe.

L’envie de rester en vie face à la logique…

« Gagner de cette manière, à la dernière seconde, a eu un gros impact sur le groupe », martèle le demi-de-mêlée clermontois, « c’était un moyen de montrer notre caractère, notre mental »… probablement aussi une sorte d’instinct de survie afin de rester « vivant » dans une compétition qui laisse désormais un prétendant par match à terre. Dans cette préparation méticuleuse d’avant combat, les deux côtés s’épient, se dissèquent et s’analysent aussi comme le reconnait Sébastien Bézy « Nous sortons de deux matches aux entames ratées… nous savons que ça ne passera pas une troisième fois ». De son côté, Franck Azéma, questionné sur les points faibles des Toulousains, avoue qu’ils « sont difficiles à trouver … » avant de promettre de « s’engouffrer dans la moindre faille » qui pourrait se présenter. « Si tu passes ton après-midi à les regarder jouer… » s’interrompt le stratège auvergnat, on se doute du résultat. Certes Toulouse récite un rugby flamboyant, possèdent de fabuleux joueurs de rugby à tous les postes alors que Clermont par la voie de coach reconnait encore « beaucoup d’imperfections ». Mais personne n’enlèvera le vécu du club (qualifié à 8 reprises sur les 10 dernières années pour les phases finales de la compétition européenne, soit le meilleur bilan des clubs français) où le caractère de cette équipe que Franck Azéma rappelle une nouvelle fois. « Sur la pelouse des Wasps, à la 80ème lorsque la sirène, sonne nous sommes éliminés…à la 84ème nous sommes qualifiés. Nous sommes en ¼ de finale, une nouvelle fois, nous sommes toujours là et bien décidés à jouer notre carte à fond. » Rester en course après les trois coups de sifflet de Monsieur Pearce, l’arbitre anglais de ce choc face au Stade Toulousain, est la seule chose qui compte, le reste importe finalement peu comme la façon d’en être arrivé là, ou la manière d’y parvenir…