Benjamin Kayser de l’autre côté du petit écran

image description

Après une Coupe du Monde en tant que joueur (2015), Benjamin Kayser, le tout jeune talonneur retraité des « jaune et bleu » débutera sa deuxième derrière les micros de TF1, aux côtés de son ami François Trillo qui l’a convaincu de le suivre à l’antenne. A quelques jours de débuter sa nouvelle carrière en commentant Nouvelle-Zélande / Afrique du Sud (samedi à 11h45 en direct sur TF1), rien que cela, il nous livre ses impressions sur cette nouvelle expérience et sur la Coupe du Monde à venir. 

 

Benjamin, comment s’est présentée cette opportunité de devenir consultant pour la Coupe du Monde ?
J’ai toujours été attiré par le monde de la communication et des Médias, mais de là à me dire que j’allais pouvoir commencer ma carrière de consultant-commentateur par un Nouvelle-Zélande / Afrique du Sud, dès la deuxième journée de compétition… tout est allé très vite. C’est une opportunité que je dois à François Trillo qui est mon binôme dans cette aventure et qui a demandé à bosser avec moi. Nous avons fait des tests, TF1 a validé et c’était parti. Pour la petite histoire, François m’a appelé un lundi midi, j’étais en train de déjeuner avec ma femme ; je lui ai dit « je te rappelle ». Nous nous sommes regardés avec ma femme, j’ai rappelé immédiatement ! C’est une merveilleuse opportunité, il n’était pas envisageable de la laisser passer surtout avec François avec qui nous avons une vraie amitié depuis plus de 10 ans et qui connaissait mon intérêt pour le milieu médiatique. 

 

Comment prépare-t-on une Coupe du Monde, cette fois-ci de l’autre côté de l’écran ?
Parler rugby autour d’une table, c’est très facile et j’ai toujours aimé ça. Commenter, en revanche, c’est un vrai métier que je ne connaissais pas. Nous nous sommes rencontrés avec François pour mettre en place de la structure, de la théorie, et aussi des exercices pratiques puisque nous avons répété « à blanc » les deux derniers matches de préparation de l’équipe de France en Ecosse et face à l’Italie. La première fois, nous étions en simple entrainement. Nous pouvions nous arrêter, nous donner des conseils, nous réécouter. La deuxième, nous étions l’équipe en « back-up », l’équipe de secours, si jamais il se passait quelque chose avec Christian Jean-Pierre et Dimitri Yachvili… Hop, nous reprenions la main sur le direct. Le but était surtout de nous tester en conditions réelles. Nous étions habillés, maquillés, les ingénieurs son et les producteurs nous donnaient des conseils. François prenait des notes durant tout le programme afin de débriefer après la rencontre dans le but de rendre notre duo le plus agréable possible à écouter tout en étant pertinent. L’objectif est de faire passer un bon moment aux téléspectateurs.

 

« François a des fiches partout en dirait la NASA ! » 

 

As-tu regardé les différentes équipes lors de leurs matches de préparation afin de mieux connaitre les joueurs et le jeu qu’elles produisent ?
Pour les deux premiers matches de l’équipe de France, pas vraiment puisque je connaissais tous les joueurs, c’est encore très frais pour moi. Ce sera la même chose pour Nouvelle-Zélande / Afrique du Sud. En revanche, il y aura évidemment plus de travail sur les matches du Japon, de la Namibie ou de l’Uruguay. Mais pour être très honnête, le plus gros du boulot sera pour François. Je suis dans un rôle de consultant, je vais avoir à argumenter sur des choses que je maîtrise, le rugby, les phases de conquête, l’arbitrage, le ressenti du joueur…le vrai commentateur-journaliste : c’est François, il aura en charge d’animer, de me relancer, c’est lui qui devra connaitre tous les joueurs. Mon rôle sera très accompagné. Le plus gros du boulot de préparation sera pour François, il a des fiches partout : on dirait la NASA ! J’ai vraiment le beau rôle, j’apprends tout de même à maîtriser mon temps de parole pour être agréable à l’écoute et que notre duo ait un maximum de fluidité. J’ai envie d’apporter aux téléspectateurs des anecdotes, ce que les gens ne connaissent pas : ma valeur ajoutée est là. 

 

T’es-tu inspiré d’autres consultants dans le monde du rugby ou du sport en général ? 
Non pas vraiment. Pour plusieurs raisons : la première est que je n’ai envie de copier personne et la deuxième est que ce n’était pas du tout prévu. Je ne me suis pas renseigné ou fait des essais depuis un an. C’est une aventure d’un mois qui va être formidable et je l’espère va déboucher sur d’autres mais ce n’était pas dans mon plan de carrière. J’ai eu la chance de vivre du rugby durant 15 ans et, depuis longtemps, je prépare autre chose, qui n’a rien à voir avec ce monde des Médias. La « pastille coupe du monde » est venue se rajouter à tout cela, ce sera une belle expérience supplémentaire. Je ne commenterais pas l’équipe de France qui je l’espère ira très loin mais je devrais avoir la chance de travailler sur de nombreuses rencontres. 

 

Quel est ton pronostic sur cette neuvième édition de la Coupe du Monde ?

En premier lieu, j’espère que cette Coupe du Monde nous fera vivre de grands moments comme le Japon / Afrique du Sud de la dernière édition ou cet ailier canadien TDH Van der Merwe qui avait inscrit un superbe essai face à l’Italie. Je me souviens aussi d’un Uruguay / Angleterre, ça faisait chaud au cœur. Les sud-Américains étaient comme de fous, c’est ce qui est génial. Tu découvres de nouvelles cultures, des façons de faire différentes, le public est toujours hyper enthousiaste. L’ambiance est fabuleuse pour un évènement comme celui-là qui véhicule tellement de passion. Je me souviens aussi que nous avions bu un coup avec les Canadiens à la fin du match. Nous étions tous pros, ils étaient commerciaux dans les ascenseurs, professeur d’Histoire, ça remet les pieds sur terre. Cette année, il y aura un Nouvelle-Zélande / Namibie, les joueurs vont probablement souffrir mais à la fin ils seront tellement heureux… tout cela se ressent et donne la magie de cette compétition. Pour en revenir à mes favoris : les Blacks, ils ne sont peut-être pas aussi bons que d’habitude, à ce qu’on dit, mais ils y seront. Ils ne sont pas double-champions du monde pour rien même si évidemment certaines absences peuvent les handicaper, notamment celle de Retalick. Les Sud-Africains sont aussi très impressionnants cette saison, plein d’expérience avec Steyn, Vermeulen. Ils ont un sacré équilibre et un capital confiance très costaud. Je trouve aussi que les Anglais ont une belle chance à défendre. Ils sont super organisés, ils affichent beaucoup de maitrise : ils ne seront pas faciles à battre. De son côté l’équipe de France sera dans une deuxième compétition, elle devra, avant tout, battre l’Argentine dans un véritable huitième de finale pour éviter de tout jouer sur un match face aux Anglais. Les trois équipes qui se détachent, à mon avis, sont les Blacks, les Boks et les Anglais dans une compétition que nous espérons tous la plus ouverte possible. 

 

Un mot pour finir sur le Japon, un territoire qui accueillera pour la première fois de son histoire, les phases finales de la Coupe du Monde et qui représentera beaucoup de nouveautés pour les sélections habituées aux destinations plus « habituelles » pour le Mondial…
C’est hyper excitant pour tout le monde et aussi très pertinent vis-à-vis de ce pays en plein développement rugbystique. L’organisation va être extraordinaire, l’engouement exceptionnel, ça donne vraiment envie d’y être pour tout le monde, les joueurs, les encadrements, le public… Pour en avoir parlé avec certains joueurs clermontois qui ont joué au Japon, tous disent la même chose : ce pays est une véritable aventure, un dépaysement culturel incroyable. Le mode de vie est particulier, beaucoup de nos repères sont chamboulés, tout y est différent : la nourriture, le climat, les échanges avec les gens… Cela peut être un choc, une découverte ou une expérience incroyable. C’est un endroit unique où, ceux qui le peuvent, doivent aller une fois dans leur vie.

 

 

B-RWC-728X90-v2.png