Entretien avec Sébastien Bourdin

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2 semaines après la reprise, Sébastien Bourdin, le responsable de la préparation physique des « jaune et bleu » fait le point sur l’état actuel de ses troupes avant de se projeter sur le stage à l’INSEP qui occupera la fin du mois de juillet des Auvergnats. L’occasion pour tous de se plonger au cœur du sport de combat de haut niveau en France, de côtoyer d’autres sportifs et aussi de travailler avec eux…

Sébastien, après une longue coupure de près de deux mois, dans quel « état » avez-vous récupéré les joueurs ?
Mis à part les deux trois blessés de longue date, l’état physique était très correct. Les joueurs étaient tous partis avec un programme, des devoirs, et ils l’avaient bien suivi puisqu’ils sont arrivés en forme pour la reprise comme le premier test que nous avons réalisé le montre. Evidemment, nous ne sommes pas au niveau attendu à la fin de la présaison mais nous partons d’une base correcte pour pouvoir travailler sereinement et éviter les petits bobos habituels de cette période de l’année.

La condition physique du groupe est donc plutôt homogène…
C’est le but. Maintenant, il y a toujours quelques joueurs qui n’ont pas l’habitude de s’entraîner avec nous et qui ont été en difficulté en début de semaine. Je pense notamment à quelques Espoirs qui ont terminé plus tard et devront cravacher dans les semaines à venir pour rattraper tout le monde.

Cette intersaison à la particularité d’arriver après une longue coupure et d’être étendue sur 8 semaines, cela change-t-il la donne ?
Bien sûr, la façon de travailler n’est pas du tout la même. Cela nous donne plus de confort pour monter progressivement et travailler plus en profondeur sur les détails. L’objectif est que cela soit bénéfique au niveau de la prévention des blessures. Cela nous laisse plus de temps pour monter comme je viens de le dire et j’espère que cela nous permettra d’arriver à un niveau supérieur à celui que nous avons l’habitude d’atteindre. Nous sommes l’équipe qui avons laissé le plus de récupération aux joueurs (2 mois), nous espérons y retrouver de la fraîcheur aussi bien mentale que physique.

La préparation n’est jamais une partie de plaisir pour les joueurs. Comment arrive-t-on à trouver de nouveaux leviers pour générer de l’enthousiasme ?
Ce que j’ai remarqué c’est que le travail doit être de plus en plus spécifique mais que la seule chose qui intéresse les joueurs c’est le ballon. Nous avons toujours fait une préparation avec le ballon, dès le premier jour, mais il faut trouver les exercices physiques qui conservent une relation avec le thème que les coachs souhaitent travailler dans le Rugby. Dès que nous travaillons physiquement, il faut qu’il y ait un transfert direct vers une situation de Rugby.

« le « pic de forme » est le moment où nous avons tous nos joueurs sur le terrain. »

Le staff a mis beaucoup d’attentes sur le début du championnat, cela vous oblige-t-il a une programmation de la saison différente ?
Nous sommes bien placés pour savoir qu’il est très difficile de faire une programmation sur une équipe de 40-45 joueurs. Par rapport à la saison que nous avons vécu la saison dernière, il faut se dire que le « pic de forme » est le moment où nous avons tous nos joueurs sur le terrain. C’est à ce moment là où nous sommes le plus performant où la concurrence joue vraiment son rôle et où les coaches peuvent vraiment faire leurs choix. Nous sommes forcément dépendants des blessures, de la régénération et de la récupération et aussi de la progression physique de chacun. Notre objectif est que les 23 joueurs qui seront alignés lors du match face à Agen soient à leur meilleure forme.

Un mot sur l’INSEP, que tu connais bien. Que peut apporter le cadre de ce stage où vous serez les premiers à bénéficier des installations où s’entrainent les meilleurs sportifs français ?
En fin de saison dernière, nous nous sommes posés pas mal de questions et nous avons décidé de revenir aux bases et à l’origine de la vocation des joueurs. Qu’est-ce qui peut motiver les joueurs à jouer au Rugby ? Qu’est ce qui leur a fait aimer ce sport, qu’est ce qui leur fait aimer le combat ? Toute notre préparation sera axée sur cette notion là, sur le collectif aussi. L’INSEP a parfaitement sa place là-dedans. Cela fait longtemps que nous avions l’intention d’aller en stage là-bas. Ce sera l’occasion de voir vraiment ce qu’est le sport de haut niveau et cette institution-là. Les Rugbymen sont parfois dans une bulle entre Rugbymen et il est important de leur faire voir ce qu’est la réalité du haut niveau français. Nous aurons l’occasion de côtoyer ces sportifs-là. Nous allons avoir la possibilité de profiter des installations et notamment d’un nouveau terrain dont vient de se doter l’INSEP. Nous allons, comme je le disais plus tôt, côtoyer les sportifs mais aussi travailler avec eux lors de séances « combat » avec des lutteurs, des boxeurs et des judokas. Notre volonté était de repartir à la base, à la genèse de la mentalité des sports de combat, de voir la vitesse d’exécution, les sacrifices ou la volonté de gagner chaque action que doivent avoir ces sportifs de haut niveau pour être performants. C’est tout cela qui nous conduira à l’INSEP durant une semaine.

 

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