« Je vais très bien, il me manque une chose : le rugby »

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Une dizaine de jours après son choc avec Virimi Vakatawa, Sam Ezeala a retrouvé sa vie normale. Loin de l’agitation médiatique et des nombreux débats qui ont entouré son KO, le prometteur ailier clermontois a récupéré. Il n’attend désormais plus qu’une chose, remettre les pieds sur un terrain de rugby. En attendant le feu vert du staff médical, il se confie sur cet accident de jeu, les suites, et les questions soulevées par sa commotion. Entretien…

Entre deux cours, le même sourire aux lèvres que celui qu’il arborait depuis le début de la saison avec le groupe professionnel, Sam a fait un saut au centre d’entrainement des Auvergnats pour donner des nouvelles. « Je vais très bien, je n’ai plus aucun signe de cette commotion. » rassure l’ailier auvergnat qui sera éloigné des terrains au moins trois semaines. « Je patiente en attendant d’obtenir le feu vert du staff médical qui me suit avec beaucoup de précaution depuis le choc face au Racing. Je prends mon mal en patience. Les nouvelles sont très rassurantes, le docteur et le neurologue m’ont donné l’autorisation de reprendre progressivement la musculation depuis ce début de semaine. J’ai également repris les cours au lycée où je n’ai pas de mal à me concentrer et suivre les cours. J’ai repris ma vie normale, il ne manque plus que le rugby. » Celui-ci ne tardera pas à prendre, à nouveau, la place qu’il occupait dans la vie du prometteur ailier clermontois avant le choc sur lequel il revient. « Du choc, il me reste des images qui sont passées en boucle sur internet. Tout a été très flou pendant quelques minutes et j’ai vraiment repris pleinement conscience à mon arrivée à l’hôpital. J’ai été rapidement rassuré par les docteurs qui m’ont dit que c’était une commotion cérébrale classique, que les examens, Scanner et IRM, étaient normaux et qu’il n’y avait pas de risque. Mes parents étaient venus me voir pour cette rencontre et ils m’ont accompagné du stade à l’hôpital. Même si cela a été très stressant pour eux, c’était mieux que de suivre ça d’Espagne où les informations auraient été plus longues à arriver. Là, très vite, ils ont compris qu’il n’y avait rien de grave et tout est rentré dans l’ordre rapidement dans la soirée ».

« C’est un accident de jeu, le choc je pense que tout le monde aurait pu l’avoir et le subir avec la même intensité. »

L’atmosphère pesante de ce KO spectaculaire et de l’évacuation de Sam, a provoqué une énorme vague de soutien envers ce jeune joueur qui reconnait avoir « reçu énormément de messages de soutien. Cela fait très plaisir et je m’excuse de ne pas avoir pu répondre à tout le monde ».  La vague d’émotion passé et le grand public rassuré, le débat a ensuite dérivé sur l’âge (18 ans) de Sam. « Quand j’ai vu le débat par rapport à mon âge, j’étais presque gêné vis-à-vis de Franck. Je ne comprenais pas pourquoi on pouvait tenir des propos comme ceux que j’ai pu voir. J’avais 16 ans la première fois où je me suis entrainé avec l’équipe première et la seule chose que je voulais était de jouer avec l’équipe première. Je me sentais prêt, tout le groupe, le staff et les joueurs, m’ont beaucoup aidé depuis le début de cette saison et je suis très heureux et reconnaissant d’avoir pu avoir ma chance quelques jours après mes 18 ans, comme je me l’étais imaginé. Le choc je pense que tout le monde aurait pu l’avoir et le subir avec la même intensité. » Le lendemain de la rencontre, Franck Azéma, resté à Paris, est allé rendre visite à son ailier pour prendre des nouvelles et c’est Sam lui-même qui a abordé la question technique en demandant à son coach s’il avait bien plaqué. La suite, c’est lui qui la raconte. « Franck m’a dit que j’avais parfaitement fermé les solutions de l’attaquant à travers ma course et quand je lui ai parlé de la technique, il m’a dit « il est tombé non ? Alors tu as réussi ! » le tout avec un grand sourire. Peut-être ma tête n’était pas très bien placée mais à cette vitesse, ce n’est pas facile. Le choc vient aussi du fait que j’ai voulu mettre un très gros impact. Je savais que de toute façon, j’allais subir face à un joueur comme Vakatawa. J’ai fait le choix d’accepter le défi en mettant l’épaule, j’aurais peut-être dû subir d’avantage le plaquage en l’accompagnant davantage… C’est comme ça ! Prendre ces décisions à la vitesse où se déroule l’action n’est pas facile ». Après l’âge, la technique est également revenue dans le débat qui a animé la semaine dernière, pas de quoi faire douter le jeune clermontois. « Franchement, même si sur l’action précise tout n’a pas été parfait,  est-ce que ça donne le droit de dire que le travail n’a pas été fait à l’école de rugby ? Est-ce que, demain, si un joueur international rate une passe dans un match cela veut dire qu’il ne sait pas faire une passe et n’a rien appris à l’école de rugby ? »

« Je me souviens de tout avant cette action et du plaisir que j’ai pris lors de la première période ! »

Les débats clos, Sam veut désormais tirer un trait sur cette soirée à l’U Arena qu’il refuse de mettre dans la case « mauvaise expérience ». « Bien sûr, la commotion n’est pas un bon souvenir, mais bientôt tout cela sera derrière moi, je me souviens parfaitement de tout ce que j’ai vécu lors de la semaine de préparation, de l’annonce de l’équipe faite par Franck, à la pression ressentie avant la match ou l’ambiance dans le stade, de ma première mi-temps où j’ai pris beaucoup de plaisir, tout cela, je veux le garder comme un merveilleux souvenir et vite retrouver le terrain en espérant avoir l’opportunité d’en vivre d’autres très bientôt ! »  Après quelques semaines de repos et une reprise progressive, Sam devrait rapidement avoir l’occasion de passer à autre chose comme il le souhaite. Il aura, alors, tout l’avenir devant lui pour montrer le talent qu’il possède, un ballon de rugby dans les mains.

 

 

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