Jean-Marcellin Buttin « Maintenant, je suis dans la tranche du milieu ! »

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L’arrière formé et lancé par l’ASM Clermont Auvergne a fait les beaux jours de Bordeaux et Lyon avant de poser ses valises à Agen au début du mois de juillet dernier. Titulaire lors des deux premières journées de championnat, « JM » semble parfaitement intégré dans son nouveau club où son rôle évolue. Il revient sur le début de saison des Lot-et-Garonnais en ciblant les principaux axes d’amélioration à atteindre après un déplacement à Pau encourageant et avant de revenir dans un stade qu’il connait bien. Entretien…  

 

Après Bordeaux et le LOU, tu es arrivé à Agen cette saison, avec quelles ambitions ?

Avec l’ambition de jouer et d’être le plus performant possible. J’avais besoin de reprendre du rythme après une saison compliquée à Lyon où je n’ai eu que très peu de temps de jeu. J’ai envie de retrouver le terrain et le plaisir qui va avec. J’ai été très bien accueilli à Agen et pour l’instant tout se passe très bien au niveau de l’intégration.

 

Longtemps tu as été le jeune joueur talentueux à Clermont, à Bordeaux, à Lyon… Cela fait maintenant près de 10 ans que tu joues au plus haut niveau, ton rôle a-t-il un peu changé à ton arrivée à Agen ?

Oui c’est vrai que ça bascule un peu (rires). Quand je vois les jeunes joueurs autour de moi, je me dis que je ne fais encore partie des plus vieux …mais pas loin, je suis dans la tranche du milieu ! Cela fait quelques saisons que je joue, j’ai acquis une certaine expérience et appris pas mal de choses de chacune de mes expériences, il m’appartient, maintenant, de commencer à les transmettre aux plus jeunes et de faire en sorte d’aider tout le monde ici à Agen. 

 

Comment juges-tu le début de saison de ton équipe ?
Nous avons fait un premier match très frustrant à domicile face à Castres dans une rencontre et dans un contexte compliqués. Franchement, le contenu était très pauvre, nous avons été constamment pénalisés et incapables de faire vivre le ballon pour produire notre jeu : un match à oublier. Le deuxième à Pau nous a donné plus de certitudes vis-à-vis de notre façon de jouer et de nos convictions. Il y a aussi de la frustration car il se termine par une défaite, mais il y a plus matière à construire que lors de la première rencontre. Nous avons encore beaucoup de boulot à effectuer mais nous avons avancé. 

 

Tu viens de le dire, la discipline a été très pénalisante lors de votre début de championnat. Comme beaucoup d’équipes, dont Clermont, vous avez semblé plus à l’aise sans ballon qu’avec…
Oui, nous avons très souvent perdu le ballon dans les zones de ruck et eu du mal à enchainer nos actions. Il faut être plus vigilants, plus précis et plus rapides. Ces adaptations ont été mises en place pour favoriser le jeu mais on se rend compte, en début de championnat, que cela est plus profitable aux défenses qu’aux attaques. Cela va demander de l’adaptation car personne ne va avoir envie de regarder des matches hachés avec une pénalité toutes les 2 minutes, c’est quand même plus sympa lorsque le ballon vit et circule…

 

D’autant qu’Agen a historiquement une fibre offensive affirmée et souhaite rester fidèle à cela …
Oui, mais nous ne pouvons pas être plus bêtes que les autres. Nous devons trouver des solutions pour ne pas être pénalisés comme nous l’avons été notamment lors de la première journée. Il faut que nous nous adaptions aux rucks version 2020. On connait la solution, il faut que le porteur de balle gagne son duel avec le défenseur, que les soutiens soient plus proches et plus rapides, il faut désormais appliquer cela ! 

 

As-tu été surpris de voir Clermont buter également dans ce secteur de jeu alors que les Auvergnats ont également une culture du jeu offensif et des longues phases de jeu ?

Oui et non, quand on regarde bien il n’y a que peu d’équipes qui ont été capables de produire un jeu léché sur les premières journées. Si on enlève le Racing et Toulouse (par moment), toutes les équipes sont confrontées à ce genre de problèmes et ont énormément de déchets. Les phases de ruck ont été modifiées par l’adaptation de la règle, mais tout n’est pas parfait dans les autres secteurs… ce n’est pas vraiment étonnant, nous ne sommes qu’à la troisième journée de championnat.

 

D’autant que ce constat a probablement été amplifié par une coupure de 6 mois qui accentue encore un peu la problématique des réglages et des ajustements de début de saison.

Oui, bien sûr. Toutes les équipes ont dû s’adapter à de nouveaux protocoles, beaucoup ont eu des préparations tronquées avec des matches annulés au dernier moment. Nous avons également dû faire face à des retours en arrière en raison de cas avérés ou de soupçons. Notre premier match, par exemple a été perturbé car deux joueurs qui devaient débuter ont du être écartés du groupe avant le match. Bref ça fait beaucoup d’explications, mais maintenant nous savons que nous devons faire avec cette épidémie encore quelques temps et il faut aller de l’avant. 

 

Les contraintes liées à l’épidémie pèsent elles sur le groupe au quotidien ?
C’est difficile de faire comme si de rien était… il y a forcément une sorte de psychose qui s’est installée, dans le rugby comme ailleurs. Je ne vais pas dire que nous sommes totalement sereins quand nous allons nous faire tester, chaque semaine, mais c’est pareil pour tout le monde et il faut essayer de faire abstraction de cela pour se concentrer sur ce que nous pouvons maîtriser. Malheureusement, mis à part être prudent dans notre vie quotidienne et respecter toutes les mesures en place au club, nous ne pouvons pas faire grand-chose de plus. On essaye de penser au rugby et de maîtriser ce qui peut l’être, pour le reste on s’adaptera en fonction de la situation. 

 

Avec quelles ambitions préparez-vous ce déplacement à Clermont ?
Avec l’envie de récupérer des points perdus lors de notre première journée de championnat. Bien sûr nous abordons cette rencontre assez humblement car nous savons très bien le potentiel de cette équipe de Clermont mais nous devons continuer de construire après le déplacement à Pau. Nous devons avoir l’ambition de nous améliorer, de moins subir et de continuer à grandir.

 

Tu es revenu à plusieurs reprises et sous plusieurs couleurs au Michelin. Ce déplacement reste-il-encore particulier pour toi ?
Oui, plus le déplacement et le retour au Michelin que les rencontres face à Clermont. L’équipe a beaucoup changé depuis mon départ de Clermont (NDLR : en 2015), le stade lui est toujours le même et l’ambiance est gravée pour toujours. Même si elle sera un peu diluée, lors de ce déplacement, c’est toujours le même plaisir pour moi de jouer dans ce stade où j’ai vécu tant de grands moments et où, même après mon départ, j’ai toujours été très bien accueilli.