Le ciel tombera-t-il sur la tête des Bleus ?

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A 10 000 kilomètres de Clermont, le ciel qui surplombe le pays du soleil levant entretient bien des mystères allant même jusqu’à inquiéter sur le bon déroulement de la compétition mondiale. Pour en savoir plus, nous avons fait appel à un météorologue qui nous explique la spécificité du climat japonais à cette période de l’année.

 

Alexandre Letort est météorologue prévisionniste indépendant travaillant sur toute la région et notamment sur la chaine des puys et du Sancy (www.meteovergne.com). Il a accepté de nous éclairer sur le climat auquel seront confrontés les Clermontois lors de la Coupe du Monde.« Pour débuter, il faut comprendre que le Japon est étendu sur plus de 2200 km du Nord au Sud, soit deux fois plus que la France. On ne peut donc pas simplifier le territoire à un seul modèle. La diversité climatique est très importante sur le même pays avec des influences sibériennes glaciales d’un côté et une façade pacifique chaude de l’autre ».  Ainsi le temps pourra être très différent à Saporo (au Nord) où joueront par exemple les Fidjiens lors de la première journée, la partie centrale du Japon (Tokyo) ou le Sud (Fukuoka) où descendront les tricolores après leur premier match face à l’Argentine. « On peut résumer le climat du Japon à un climat de façade orientale du continent asiatique, allant d’affinités tropicales pour sa partie sud et d’hivers relativement froids au nord  ».  Comme les Français ont pu s’en apercevoir dès leur arrivée en se frottant au Typhon (Cyclone côté Pacifique)  « Faxai » avec des vents à plus de 200km/h dans Tokyo, ces phénomènes violents peuvent sévir à cette période de l’année et perturber la compétition. « La période la plus propice aux typhons est plutôt l’été »,  tempère le météorologue. « Cela fait encore partie du risque à la fin du mois de septembre, surtout dans le Sud du pays, mais plus nous allons avancer dans la saison, octobre puis novembre, moins le risque sera élevé. »Même si la probabilité d’évènements exceptionnels n’est pas à négliger, c’est plutôt l’humidité qui risque de poser des problèmes aux Mondialistes comme nous l’explique Alexandre. « Les mois de septembre et d’octobre font partie du TOP 3 des mois les plus humides de l’année au Japon ».

 

3 fois plus de précipitation à Tokyo qu’à Clermont en septembre ! 

 

Pour avoir une petite idée des quantités d’eau, le météorologue avance quelques chiffres. « Sur une année, la pluviométrie de Tokyo est d’environ 1400mm contre environ 600mm à Clermont ».Les chiffres sont encore plus parlants durant les mois de septembre et octobre qui sont les plus humides de l’année avec respectivement 185 et 164 mm d’eau/mois (contre 65mm et 49mm pour la capitale auvergnate).  « En septembre, il pleut environ 3 fois plus au Japon qu’à Clermont, avec des températures moyennes comprises entre 20-27°C (contre 10-22°C pour Clermont), cela entraine un « humidex » (indice combinant les effets cumulés de la chaleur et de l’humidité) très élevé ».  Avec de vraies conséquences sur les performances physiques des joueurs comme il nous l’explique en suivant.« Le climat est, à cette période de l’année, assez proche de celui de la Floride avec des températures très douces voire chaudes et un très fort taux d’humidité. Cela limite fortement les effets bénéfiques de la transpiration. En effet, quand on transpire, l’évaporation de la sueur provoque un refroidissement du corps. C’est ce que nous observons en Espagne avec un climat sec en été. En revanche, lorsque le taux d’humidité est très élevé, l’évaporation n’est plus possible et le refroidissement n’est plus efficace. Le corps a ainsi beaucoup plus de mal à réguler sa température corporelle et les efforts physiques sont plus couteux énergétiquement »  C’est pour cette raison, que la plupart des sélections ont rejoint tôt (entre 10 et 15 jours avant le début de la compétition) le Japon pour s’acclimater et appréhender ces conditions particulières.

 

Septembre, le mois le moins ensoleillé de l’année ! 

 

Plus les sélections iront loin dans la compétition, plus elles pourront profiter de la douceur du climat japonais à l’approche de l’hiver. « Le mois de septembre n’est pas le plus agréable. L’ensoleillement est le plus faible de l’année 110h/mois en moyenne (contre 185 h/mois à Clermont par exemple) et comme nous l’avons vu il est aussi le plus arrosé de l’année, en revanche pour les sélections qui iront loin dans la compétition, elle pourront profiter de la douceur de l’automne subtropical. Les risques de Typhon disparaissent, l’ensoleillement progresse, les précipitations s’amenuisent, et les températures restent douces (15-24°C en octobre à Fukuoka où joueront les Tricolores lors de la deuxième partie de la compétition) » 
Autant de raisons supplémentaires pour les joueurs du XV de France de rester le plus longtemps possible au pays du soleil levant…

 

 

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