Le synthétique, c’est fantastique ?

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Pour la deuxième fois, après la rencontre disputée la saison dernière à l’Allianz Park des Saracens, les Clermontois joueront, samedi prochain (coup d’envoi à 14h35, en direct sur Canal +), une rencontre officielle sur une pelouse synthétique. Pas une découverte donc, d’autant qu’ils disposent de plusieurs espaces synthétiques dans leur tout nouveau CEP, mais une donnée à laquelle ils devront s’adapter…

 

Après plusieurs soucis de pelouse, le club d’Oyonnax a pris la décision de passer au « synthétique » en recouvrant Charles-Mathon d’une pelouse dernière génération. En pleine « Plastics Vallée », l’herbe grasse, qui avait donné lieu à quelques combats mémorables pas plus tard que la saison dernière, a été remplacée par des fibres synthétiques sur un lit de petites billes en plastique : Une première dans le championnat de France de Rugby…mais pas en Europe puisque que Cardiff et les Saracens avaient déjà opté pour cette option lors des précédentes saisons. Ce ne sera donc pas une découverte pour les Clermontois qui ont joué à l’Allianz Park la saison dernière, ni même pour les Espoirs qui ont déjà eu l’occasion de jouer face aux Montpelliérains qui évoluent, eux aussi, sur un stade annexe du Du Manoir équipé en synthétique. Avec l’évolution de la technologie, les pelouses synthétiques qui pouvaient être « brulantes » sur les premières générations sont aujourd’hui très proches de ce qui existe « en pelouse naturelle » et les différences sont minimes. L’ASM Clermont Auvergne a même décidé de s’équiper de ce type de pelouse dans son centre d’entraînement avec une partie extérieure (où les avants auvergnats travaillent notamment les mêlées) et une partie intérieure où ils peuvent revoir les lancements de jeu ou même les touches, comme ils ont commencé à le faire, hier lors du premier entraînement de la semaine. La pelouse des Oyomen ne semble donc pas perturber les joueurs  clermontois à l’image d’Alexandre Lapandry « la pelouse, c’est un truc que tu vas voir avant le match mais que tu oublis dès le coup d’envoi. Nous avons pris l’habitude de passer d’un revêtement à l’autre sur le centre, cela ne pose pas de problème. En général, ce sont des pelouses assez rapides, cela correspond bien au jeu que nous voulons mettre en place… » Même son de cloche pour son compère Camille Gérondeau qui n’a jamais joué de rencontre officielle sur un tel revêtement mais qui ne semble pas appréhender. « Franchement, cela ne nous perturbe pas du tout. Ce sont des pelouses rapides, probablement un peu plus contraignantes au niveau des articulations sur une saison entière mais sur un seul match…je pense que ça n’a aucune conséquence. »

 

« Une transition plus douce en été qu’en hiver »

 

Franck Azéma devrait tout de même prévoir une séance sur un terrain synthétique, dans la semaine, afin de préparer au mieux son équipe à cette surface originale. L’entraineur clermontois qui se souvient de la bonne performance de son équipe sur la pelouse des Saracens, alors que ses joueurs découvraient ce revêtement, souligne le paramètre qui selon lui est le plus variable : le rebond ! « Les rebonds sur le synthétique sont parfois surprenants et pour éviter les (mauvaises) surprises, il faudra favoriser les réceptions de volée ». Pour le reste, ça reste un terrain de rugby avec deux lignes d’essai et des poteaux…  Un constat partagé par Sébastien Bourdin, le préparateur physique des « jaune et bleu ». « A cette période de la saison, le passage du naturel au synthétique ne pose pas trop de soucis car nous travaillons sur des terrains plutôt secs et durs. Les articulations et les chaines musculaires ont l’habitude de ces contraintes. La transition est beaucoup plus brutale en hiver, lorsque les pelouses que nous pratiquons toute la semaine sont plus grasses et que le terrain plus meuble. Nous devons, alors, beaucoup plus anticiper en passant d’une surface à l’autre. » 

Aucune raison de croire que le jeu des Auvergnats devra s’adapter à cette pelouse plus qu’à une autre, samedi après-midi prochain dans le Haut-Bugey, … et pour finir de s’en convaincre, il n’y a qu’à voir la prestation des Oyomen, samedi dernier à Mathon face à l’UBB, pour voir que même si le tapis a changé et semble plus rapide, le décor est planté et sera le même pour les adversaires de l’USO.  A Oyonnax, malgré la pelouse artificielle, le combat reste une vertu naturelle…

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