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Pour la formation clermontoise, aujourd’hui c’est déjà demain !

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Depuis le début de la saison 12 Espoirs ont porté au moins une fois le maillot de l’équipe première totalisant en moyenne 13% du temps de jeu total des « jaune et bleu ». Au soutien des pros lorsque l’effectif est sous tension en raison des blessures ou sélections, le centre de formation est avant tout un ascenseur vers le haut niveau que les Auvergnats maîtrisent depuis de nombreuses saisons. Les supporters clermontois ont découvert cette saison Daniel (Bibi Biziwu) Lucas (Dessaigne), Thomas (Rozière) Killian (Tixeront), Edward (Annandale) ou Miles (Amatosero), d’autres sont déjà sur le viseur de Franck Azéma et sur les tablettes de Bertrand Rioux, le directeur du centre de formation, qui nous explique le « plan de succession » mis en place du côté des Gravanches…

 

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Chaque nouvel Espoir qui intègre les feuilles de match de l’équipe première est une victoire pour le directeur du centre de formation de l’ASM qui suit ses poulains depuis de nombreuses années. Cette saison, ils sont déjà 6 à avoir connu les honneurs du baptême au plus haut niveau et deux fois plus à contribuer au début de saison de l’ASM. « C’est le but et l’objectif de notre travail, se réjouit Bertrand Rioux. Notre mission est d’alimenter l’équipe professionnelle et de subvenir à ses besoins dans le court terme et à les anticiper pour les années futures ». Ainsi le travail du centre est à la fois tourné sur le présent en étant capable de présenter des joueurs « opérationnels et prêts à matcher avec les Pros » mais aussi sur le futur en préparant les très jeunes joueurs en fonction des faiblesses anticipées des saisons à venir. « La passerelle entre le centre et les Pros est un « super » laboratoire. Elle permet d’accélérer de façon significative le développement des jeunes et d’affirmer leur potentiel. En les confrontant, à l’entrainement ou encore mieux en match, au très haut niveau, ils peuvent mesurer à la fois le travail qu’il reste à accomplir, les contraintes et exigences du rugby professionnel, mais aussi entretenir la satisfaction et exprimer leur potentiel dans un cadre où, à travers le travail effectué au centre, ils ont déjà des repères. » Pour le directeur du centre, les jeunes joueurs doivent être acteurs de leur formation. « S’ils sont lancés dans le collectif pro, c’est qu’ils en ont le potentiel. Il faut qu’ils en intègrent le fonctionnement avec les codes que nous leur avons transmis et qu’ils expriment ce qu’ils ont en eux. » L’œil du directeur du centre de formation est à la fois juste et protecteur envers ceux qu’il connait depuis de longues années. « Globalement nous ne pouvons être que satisfaits de ce qu’ils rendent sur le terrain de l’enthousiasme et l’envie qu’ils mettent au service du collectif. Ils font bien sûr des erreurs mais cela fait partie de l’apprentissage comme la manière de les gommer. » Tous ont encore des secteurs à travailler, des détails à régler mais la force de la formation clermontoise est de constituer un véritable réservoir « prêt à l’emploi » dans lequel l’équipe professionnelle peut piocher dès que le besoin le nécessite. « L’équipe Espoirs n’est d’ailleurs qu’un outil pour basculer avec les Pros. Elle peut servir à mettre nos joueurs les plus prometteurs en concurrence face à des joueurs plus expérimentés pour accélérer leur progression, il peut aussi nous arriver de sortir un joueur de l’équipe Espoirs pour sécuriser l’effectif Pro ou le préparer à le rejoindre, quitte à pénaliser l’équipe à un moment t ».

 

Un plan de succession établi des années à l’avance

 

 

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Afin d’être toujours plus réactif et d’anticiper encore mieux les besoins du club, le centre de formation a dû se réorganiser comme l’explique Bertrand Rioux « Depuis cette saison, après avoir constaté l’accélération de l’émergence des joueurs vers le haut niveau nous avons augmenté d’un cran notre exigence dans les classes d’âge. Ainsi les Crabos (moins de 18 ans) sont désormais totalement intégrés au centre, parlent le même « langage » et jouent avec les mêmes systèmes. Avant, les Espoirs fonctionnaient avec les Pros et la cassure se faisait au niveau des Crabos. Désormais, ils sont intégrés à la passerelle et la marche se situe désormais en Cadets (- de 16 ans). » Une petite révolution pour répondre à une tendance générale de l’éclosion précoce de jeunes joueurs en accord avec la volonté de la Fédération mais aussi des dispositifs (Jiff et RIF) favorisant la formation « à la Française » et réduction du nombre de contrats dans les effectifs professionnels. « Il devient désormais difficile de faire plus vite », assure le directeur de la formation asémiste. Le secret réside probablement dans la faculté à anticiper. « Pour y parvenir nous travaillons de façon très précise avec Franck Azéma en ciblant les besoins à chaque poste en fonction des fins de contrats et de l’âge des joueurs. L’idée est d’établir un « plan de succession » sans laisser de trous dans la raquette et si possible jusqu’en cadet soit deux ou trois générations de joueurs en réserve. » Un travail de détection et de fourmis qui n’oublie pas le « double projet ». « Nous gardons toujours à l’esprit qu’avant d’accomplir notre objectif de former les joueurs de l’ASM de demain, nous avons notre rôle d’éducateur et le devoir de les accompagner à devenir des Hommes. » 
 

C’est le travail au quotidien du centre de formation, une réussite qui accompagne le club depuis une bonne vingtaine d’années en construisant les joueurs et internationaux des années à venir. Les prochains sont déjà dans les starting-blocks, ils sont nés en 2003 ou 2004, parmi eux des piliers droits, des ouvreurs, probablement les futures pépites du Michelin…  

 

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