T.Domingo « Je ne suis pas reparti de zéro mais j’avais des choses à prouver »

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Après 12 saisons en « jaune et bleu », l’emblématique gaucher champion de France en 2010 et 2017 et international à 36 reprises a rejoint la Section Paloise cette année. Après une dizaine de mois dans le Béarn, Thomas se confie sur sa nouvelle vie aux pieds des Pyrénées, les ambitions de son club et son retour au Michelin. Interview

Thomas, on peut dire que vous avez eu chaud samedi dernier après une seconde période compliquée face aux Rochelais…
Exactement ! Nous nous sommes rendus le match compliqué après une bonne entame qui nous permet de scorer à deux reprises. Ensuite nous sommes complètement passés à côté de notre sujet et nous nous sommes retrouvés dans la difficulté. Heureusement nous récupérons une pénalité en fin de rencontre qui nous laisse le bénéfice de la victoire mais cela aurait pu tourner différemment et tous les efforts que nous avons consentis lors des derniers mois auraient pu tomber à l’eau.

Tu as parlé en fin de rencontre d’un « signal d’alarme » …
(il coupe) Parce que c’est bien cela dont il s’agit. Depuis le début de la saison, nous montons progressivement notre niveau et sur cette fin de match nous sortons complètement des clous. Nous avons la chance de ne pas le payer par une défaite, mais il faut tirer ce signal là pour ne pas se croire arrivés trop tôt. Nous devons garder en tête qu’il faut continuer de se remettre en questions et travailler dur.

Au-delà de cette péripétie, la Section reste l’équipe en forme de cet hiver avec 6 victoires consécutives. As-tu le sentiment que le travail dont tu parlais et les ambitions mises dans le club sont sur le point de porter leurs fruits ?
Oui nous l’espérons. Depuis quelques saisons, le club s’est positionné dans une pente ascendante et essaye de se donner les moyens d’atteindre une dimension différente. Au fil de la saison, nous gérons de mieux en mieux notre rugby, nous nous sentons ainsi de plus en plus à l’aise, en confiance et cela se ressent au niveau de la performance.

Vous êtes désormais 5ème du classement, j’imagine que l’ambition est de conserver cette place et ramener la compétition européenne au Hameau la saison prochaine…
Ça serait une belle chose et surtout mérité d’obtenir cette qualification par rapport à ce que nous produisons actuellement. Maintenant, il faut bien se mettre dans la tête que ce sera très difficile. Les clubs qui postulent à cette qualification se tiennent dans un mouchoir de poche et nous sommes conscients que la moindre erreur peut nous faire sortir du bon wagon. Il va falloir cravacher jusqu’à la fin des phases régulières et ne rien lâcher.

Tu viens, Thomas, de signer ta 18ème titularisation de la saison triplant déjà ton temps de jeu par rapport à l’année dernière. Au-delà du côté affectif qui te liait à Clermont, j’imagine que rejoindre la Section est un choix que tu ne regrettes pas.
Bien sûr, je suis très heureux d’avoir retrouvé du temps de jeu. Ce n’était pas très compliqué d’en avoir plus que l’an dernier. Dans un premier temps, ce choix était compliqué car tout mon passé de joueur était relié à Clermont et devoir me séparer de ce club était difficile. Mais dès mon arrivée à Pau, j’ai retrouvé du plaisir dans le rugby et, petit à petit, mon niveau en enchainant les rencontres.

Comment expliques-tu ce retour au premier plan ?
Je suis très reconnaissant par rapport à la Section qui a su me faire confiance à un moment pas simple de ma carrière où je n’avais pas beaucoup de temps de jeu. Ils sont venus me chercher et j’ai pris cela comme une grande marque de confiance. Il n’était pas question pour moi de les décevoir. En arrivant dans le Béarn, je ne suis pas reparti de zéro mais j’avais des choses à prouver et je me suis employé pour ne pas décevoir le club. Le fait de changer d’atmosphère, de découvrir de nouvelles méthodes de travail, d’autres structures a probablement contribué au second souffle qui me permet de faire la saison que je réalise pour l’instant. 

«  Je suis triste et déçu pour les copains ! »

Tu vas revenir au Michelin, samedi, comment appréhendes tu ce moment ?
Franchement, je ne me mets pas une pression particulière par rapport à cela. Je ne suis pas du genre à trop me laisser envahir par le passé ou la nostalgie. Je suis très content de revenir dans ce stade mais je suis conscient que j’y reviens pour disputer un match important pour Pau car nous avons besoin de points pour rester dans le six premiers. En réalité, je me prépare avec détermination comme la semaine dernière et celle qui suivra pour que nous puissions atteindre nos objectifs de qualification. On profitera, ensuite, de l’après-match pour revoir tout un tas de bons copains.

Clermont connait une saison particulière pour ne pas dire difficile. Quel regard portes-tu sur cette mauvaise passe ?
Je suis triste et déçu pour les copains. Même si je suis parti, je garde des liens très forts avec les joueurs. Clermont restera mon club de cœur et ce qu’ils traversent me touche. Maintenant, on voit après un début de saison très difficile au niveau de l’effectif, qu’ils sont capables, depuis quelques semaines, de revenir en se remettant en place progressivement. Ils sont sur deux victoires, ils vont pouvoir construire pour la suite.

Entre la dynamique sur laquelle vous êtes et la trajectoire compliquée de la saison des Auvergnats, est ce que cela vous donne des idées pour venir faire un coup au Michelin ?
Comme je le disais plus tôt, nous sommes 7 clubs pour 5 places, il va donc falloir prendre plus de points que les autres sur les dernières rencontres de la saison. Tous les matches vont avoir une grande importance. Nous allons venir avec l’intention de faire un bon match au Michelin. Je ne sais pas si c’est le bon moment car on voit bien que les Clermontois se réveillent et retrouvent leur rugby mais il faudra que nous jouions notre carte à fond pour rester en lutte pour les places qualificatives.

 Crédit Photo @Maxime Marrimpoey

 

 

 

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