Benjamin Kayser dit Stop !

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Après 15 ans au plus haut niveau le talonneur international clermontois, Benjamin Kayser raccrochera les crampons au terme de cette saison. Formé au Stade Français avant d’aller se frotter au rugueux et mythique pack des Tigers de Leicester, il a ensuite retrouvé le Championnat de France avant de poser ses valises en Auvergne à l’été 2011. Double champion de France (Paris / Clermont) d’Angleterre (Leicester), ce talonneur aux 37 sélections tricolores a décidé de ne pas honorer sa dernière année de contrat. Il nous en explique les raisons et l’ambition qui le portera sur ces dernières semaines sur le terrain…

 

Benjamin quelles sont les raisons qui ont motivé cette décision ?

C’est une raison médicale, il faut que je me protège que j’écoute mon corps. J’arrive à un moment, à un âge où il faut que je fasse attention aux répercutions que peut avoir le Rugby sur mon avenir. Il fallait que j’écoute la raison et je me suis dit que l’année à venir risquait d’être en trop et je n’avais pas envie de prendre de risques avec ma santé.

 

Tu étais engagé sur la prochaine saison, j’imagine que la décision n’a pas été facile à prendre…

C’était particulièrement difficile parce que ce n’était pas prévu. J’avais encore très envie de jouer et une soif de rugby, de copains, de titres, de terrain tout simplement. C’est un choix qui est dicté par mon corps et, à partir de ce moment-là, il n’y a plus aucun plan de carrière qui tienne. Ce choix s’est, en fait, imposé à moi. Il faut être précautionneux, c’est comme ça.

 

Cette décision est-elle récente ?

C’est une décision qui me trotte dans la tête depuis deux ou trois mois. J’ai pris le temps d’échanger avec mes proches, ma femme, mon père. Officiellement, j’ai pris ma décision dimanche dernier, dans ma tête cela fait un moment que cela trainait…

 

On comprend peut être mieux ton émotion lors du titre européen…

C’est un mélange de plein de choses. Un parcours personnel qui a donné beaucoup d’importance à ce titre, mais aussi une envie de brandir, avec cette équipe, l’étendard de l’Auvergne au sommet du rugby européen. Nous avons traversé des pays, des régions en montrant une belle image de notre club, du rugby que nous produisons et c’est une belle consécration d’aller au bout chercher ce trophée en étant récompensé de nos efforts.

 

Après 15 ans de Rugby professionnel tu vas mettre un terme à ta carrière. Le Stade Français, Leicester, Castres et Clermont, qu’as-tu envie de retenir ?

Honnêtement, ma carrière n’est pas encore finie. Ce serait beaucoup plus difficile de conclure aujourd’hui alors que nous avons encore de belles choses à vivre dans les semaines à venir. J’ai envie de finir tout en haut. A ce moment-là viendra le temps de prendre plus de recul et de dresser un vrai bilan. Pour l’instant, je suis encore sur le plaisir, la fierté d’avoir pu côtoyer et affronter des joueurs extraordinaires, d’avoir connu des grands clubs de rugby qui ont tous pris une place énorme dans mon cœur. Il y a un certain sentiment d’accomplissement en ayant pu accrocher l’équipe de France, des titres mais aussi maintenant dans cette période de transmission où je prends également énormément de plaisir. J’ai vraiment essayé de me donner à fond sur le terrain durant toutes saisons, et aussi de transmettre et donner. J’ai l’impression d’avoir bouclé la boucle, l’idée de sortir tout en haut m’est très chère. Ma famille et moi avons passé 8 saisons exceptionnelles, j’ai envie de laisser l’image d’un mec qui a tout donné et rendre au club, et à ses supporters, l’importance qu’a pris l’ASM dans mon cœur.

 

Tu l’as dit ta carrière n’est pas finie, qu’attends-tu de ces dernières semaines ?

Le fait d’avoir pris cette décision me donne une énergie et une hargne folles. J'ai envie de profiter de chaque moment, chaque jour. J’ai pris un plaisir dingue à vivre ce vestiaire après la victoire en Challenge, pas dans l’euphorie mais dans le regard des gens, la complicité que nous avons. J’ai envie de donner tout ce que je peux donner et de me régaler jusqu’à la fin, pour sortir avec la tête haute et le sentiment du devoir accompli.