Après le Cap, tout au sud, il y a trois ans, les Jaune et Bleu vont découvrir, la côte Est de l’Afrique du Sud. Bordée par l’océan Indien et ses plages réputées aussi bien pour les surfeurs que pour les différentes espèces de requins qui fréquentent ses récifs et ont prêté leur image à l’équipe de cette province au jeu frontal, Durban profite d’un climat subtropical bien plus humide que celui du Cap. Au-delà de son image balnéaire, la capitale de la province du KwaZulu-Natal, troisième plus grande ville d’Afrique du Sud, est d’une richesse historique et d’une diversité culturelle remarquables.
Pour comprendre le Durban d’aujourd’hui, il faut revenir quelques siècles en arrière au moment où cette terre, qui fut l’un des berceaux du monde, était habitée par les peuples zoulous. Au début du XVIIème siècle, les européens colonisent l’Afrique en descendant jusqu’à son extrême sud. Sous gouvernance anglaise, le port se développe grâce aux commerçants qui en font une étape sur la route des Indes. Le gouverneur, Benjamin « d’Urban » laissera son nom en héritage et participera au développement des plantations de canne à sucre. L’immigration des travailleurs venus d’Inde est massive et marquera durablement la ville puisque, aujourd’hui encore, Durban abrite la plus grande communauté indienne hors d’Inde. La mixité entre Indiens, Européens colonisateurs et les natifs Zoulous s’installe avant que Durban subisse comme le reste de l’Afrique du Sud, les politiques de ségrégation raciale puis l’apartheid morcelant la ville et brisant les premiers ponts sociaux qui mettront, comme partout dans le pays, de nombreuses années à se reconstruire afin de corriger les inégalités héritées du passé.
Une mosaïque culturelle
De ses origines zouloues et de sa forte immigration indienne, Durban conserve une mixité et une diversité culturelles qui en font un lieu à part dans le pays. La langue isiZulu y est encore fréquemment utilisée et chantée (notamment dans les tribunes du King’s Park où les Clermontois évolueront samedi), les costumes sont encore largement portés que ce soit dans le quotidien ou les cérémonies traditionnelles. Parallèlement, l’héritage indien a su rester vivant que ce soit au niveau de la religion (hindouisme et islam) mais aussi dans l’architecture de la ville qui compte plusieurs mosquées et temples. Les deux influences prédominantes de la ville convergent sur le plan culinaire en un plat emblématique : le Bunny chow (petit pain au curry) vendu dans de nombreuses échoppes près des longues plages de la baie ou autour du port. Un délice à ne pas manquer pour les touristes qui ont fait de Durban l’une de villes les plus fréquentées de l’Afrique du Sud où les loisirs sont nombreux. La baie abrite de célèbres plages pour les surfeurs venus du monde entier défier les larges déferlantes venant de l’océan Indien et aussi parfois les nombreuses espèces de requins qui regorgent dans les eaux chaudes (bien que des filets protecteurs soient installés pour protéger les baigneurs). Quelques spots mondialement réputés de plongée-sous-marine galonnent également la côte en direction du nord.
Durban a retrouvé sa place stratégique aussi bien sur les plans économiques, touristiques et logistiques avec le plus grand port d’Afrique australe (charriant une multitude de porte-containers venant d’Asie) et s’imposant comme un moteur essentiel de l’économie sud-africaine et de l’industrie locale. Sur le plan touristique, la ville des Sharks attire des touristes du monde entier sur son front de mer et ses plages réputées mais aussi grâce à sa proximité des réserves naturelles et ses possibilités de Safari (comme le célèbre Park Kruger plus au nord ou le Phezulu Safari Park plus proche) ou de découverte des montagnes du Drakensberg.
La cité balnéaire reste toutefois confrontée aux défis majeurs inhérents à beaucoup de villes sud-africaines que sont les inégalités sociales persistantes et le chômage. Une ville en mutation tournée vers l’océan Indien et profondément attachée à son histoire et son identité multiculturelles. Une ville de contrastes à la fois façonnée par son histoire et tournée vers la modernité et un développement plus inclusif post apartheid. Les Clermontois qui arriveront finalement demain, mercredi à la mi-journée, auront trois jours pour s’acclimater avant de disputer la dernière journée de Champions Cup (samedi à 14h au Kings Park Stadium) face aux stars locales : les Sharks.