À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Conseil départemental du Puy-de-Dôme a organisé, le 10 mars à Clermont-Ferrand, une matinée d’échanges et de réflexions autour d’un thème fort : la place des femmes dans le sport. Une rencontre portée par les élus départementaux, le Conseil départemental des jeunes et des sportives locales, mêlant témoignages, présentations de projets et table ronde.
« le 8 mars est un symbole, le 10 mars est une action »
En ouverture de la matinée, le président du département, Lionel Chauvin, a rappelé l’importance de passer des paroles aux actes.
« Cette année, nous avons décidé de parler du sport féminin ».
Malgré certaines évolutions, le sport féminin reste encore moins reconnu et moins représenté. Pour le président du Département, les collectivités ont un rôle à jouer pour soutenir sa visibilité et son développement. Le territoire du Puy-de-Dôme s’est déjà engagé dans cette dynamique, notamment en accueillant le Tour de France Féminin ou en soutenant des clubs comme l’ASM Rugby Féminin. Mais le sport ne se limite pas au haut niveau.
« Le sport, ce n’est pas seulement les grandes compétitions. C’est aussi le gymnase du quartier, là où tout commence », a-t-il souligné, évoquant également des initiatives locales comme Clermont Sport Santé pour ELLE.
Face aux stéréotypes encore présents : « ce sport est trop physique » ou « ce n’est pas féminin », Lionel Chauvin appelle à faire évoluer les mentalités, notamment auprès des jeunes :
« Les valeurs se transmettent. Il faut rêver grand. Très grand. Le 8 mars est un symbole, le 10 mars est une action. Brisons les barrières, avançons ensemble. » a-t-il conclut.
L’égalité, un engagement quotidien
Pour Jean‑Paul Cuzin, vice-président en charge des moyens généraux, l’égalité entre les femmes et les hommes ne doit pas rester un principe abstrait.
« Ce n’est pas seulement une idée, c’est un sujet qui se vit tous les jours », a-t-il expliqué. Selon lui, la véritable question est simple : chacun a-t-il les mêmes chances de progresser dans son travail et dans sa vie ?
Si les lois fixent un cadre, l’égalité se construit au quotidien grâce à l’engagement collectif. Il s’est particulièrement adressé aux jeunes présents dans la salle : « Le Puy-de-Dôme de demain, la France de demain, le monde de demain sont entre vos mains. Les paroles et les gestes que vous poserez aujourd’hui contribueront à bâtir une société plus juste et plus inclusive. »
Des droits encore fragiles
De son côté, la vice-présidente chargée de l’insertion et du retour à l’emploi, Stéphanie Flori‑Dutour, a rappelé que les droits des femmes restent un combat d’actualité.
Elle a notamment évoqué l’histoire du droit de vote des femmes en France, obtenu en 1944, pour souligner que les avancées sont récentes et jamais acquises. Et qu’il est donc important de se mobiliser pour le sport féminin afin qu’il y ait encore plus d’évolutions.
Sport et égalité : la parole aux sportives
Plusieurs sportives inspirantes ont également été mises à l’honneur, dont :
- Jessy Trémoulière, joueuse internationale de l’ASM Rugby Féminin, modèle pour de nombreuses jeunes rugbymen,
- Laëtitia Guapo, basketteuse de haut niveau,
- Camille Frison, athlète de tennis de table adapté.
Des tables rondes “Femmes et sport”, réunissant plusieurs intervenantes issues de disciplines et de parcours différents.
Salomé Perraudin, joueuse à l’ASM Rugby Féminin, pratique le rugby depuis dix ans. Elle a raconté comment ce sport, souvent considéré comme masculin, lui a permis de s’épanouir. « Au départ, je venais du volley. Le rugby a été une découverte. Malgré certaines critiques ou stéréotypes, c’est un sport collectif avec des valeurs très fortes : solidarité, entraide, dépassement de soi. » Pour elle, la plus grande récompense reste le titre de championne de France et la possibilité de montrer aux jeunes qu’on peut pratiquer ce sport et s’y épanouir. »
Inès Pitsillos, ex-joueuse du Clermont Foot 63 et social média manager au Conseil départemental du Puy-de-Dôme, a évoqué une autre réalité du sport féminin : la difficulté d’en vivre pleinement. « Contrairement aux hommes, nous devons souvent poursuivre des études ou un travail en parallèle. » Elle a obtenu son master, en jonglant entre horaires aménagés, entraînements et études. Son message aux jeunes : continuer le sport tout en poursuivant sa formation.
Transmettre le flambeau
Au fil des échanges, un message s’est imposé : l’égalité est un combat collectif qui doit se poursuivre. Les intervenants ont encouragé les jeunes à reprendre le flambeau, en faisant vivre ces valeurs dans le sport, à l’école et dans la société.
Une dynamique déjà visible sur le territoire, notamment lorsque les joueuses de l’ASM Rugby Féminin jouent en baisser de rideau des matchs professionnels de l’ASM Clermont Auvergne, un moyen concret de donner plus de visibilité au sport féminin.